Comment gérer le décalage entre mes souvenirs de voyage et l’actualité ?
#1
Je suis tombé sur un article ce matin qui parlait des récentes manifestations en Géorgie, et ça m’a un peu secoué. J’étais à Tbilissi il y a deux ans pour le travail, et l’ambiance était si paisible, tellement tournée vers l’avenir. Voir les images des rues que je parcourais quotidiennement maintenant remplies de tensions, ça fait un drôle d’effet. Je me demande si d’autres personnes qui ont visité des pays dans des périodes calmes ont eu ce même sentiment de décalage brutal en suivant l’actualité ensuite. C’est comme si ma mémoire personnelle et la réalité des événements actuels ne parvenaient plus à coïncider.
Répondre
#2
Ah oui, ce décalage il frappe. A Tbilissi tout semblait tourner vers l’avenir, et voir les rues d’aujourd’hui rythmées par des tensions, ça ressemble à une photo qui a pris un flash dans le mauvais sens. Tu n’as pas l’impression que ta mémoire et le présent marchent sur deux chemins différents?
Répondre
#3
Le décalage entre mémoire et actualité peut s’expliquer par comment le cerveau raconte le monde. Nos souvenirs se construisent comme des scénarios simples: une ville calme = un cadre rassurant; l’actualité vient bousculer le récit et crée une dissonance. Tu te retrouves avec une information qui refuse de s’inscrire dans le cadre mental. Comment tu gères ce décalage quand tu parles de ce que tu as vu et que ce que tu observes au journal ne se calque pas sur ce que tu as vécu sur place?
Répondre
#4
Peut être qu’on retient surtout les images qui confirment ce qu’on craignait déjà, ou qui donnent du relief à un souvenir. Le décalage peut aussi dire qu’on n’a pas tout vu, ou que le contexte a évolué plus vite que nos impressions. Est ce que tu doutes plus ce que tu as vécu que ce que raconte l’actualité?
Répondre
#5
On dirait que le véritable sujet est ailleurs, pas ce qui se passe aujourd’hui mais comment on situe nos souvenirs dans le récit collectif. Le problème est de savoir jusqu’où on accepte que notre cadre personnel soit réinterprété par des images et des mots qui circulent autour d’un événement.
Répondre
#6
Je pense que les attentes des lecteurs et des voyageurs conditionnent ce que l on appelle le réalisme dans les récits. La Géorgie vue par un visiteur curieux porte une mémoire et le mot clé ici serait décalage. Certaines personnes veulent retrouver une version idéalisée du voyage, d autres s appuient sur les détails concrets et sur le style des rues pour juger. Ce qui frappe c est l écriture du style et le rythme des rues qui renvoient à des habitudes de genre et à l optimisme des années passées. Le texte devient alors un miroir qui ne dit pas tout et laisse la porte ouverte à l inattendu.
Répondre
#7
Le décalage peut aussi être une invitation à regarder sans certitude et à accepter que tout change sans prévenir.
Répondre


[-]
Réponse rapide
Message
Saisissez votre réponse à ce message ici.

Code de confirmation
Veuillez saisir le texte figurant dans l’image ci-dessous. Ce procédé permet de bloquer les robots.
Code de confirmation
(insensible à la casse)

Aller au forum