Salut à tous. Je suis en train de rédiger le chapitre méthodologique de ma thèse et je bute sur un point. J’ai utilisé une approche mixte, avec des entretiens puis un questionnaire, et maintenant en relisant mes notes, je me demande si l’ordre dans lequel j’ai mené ces deux phases n’a pas involontairement biaisé la formulation de mes questions fermées. Je n’arrive pas à savoir si c’est un vrai problème méthodologique ou si je cherche des problèmes là où il n’y en a pas. Quelqu’un a-t-il déjà eu ce sentiment en revenant sur ses propres choix de recherche ?
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Comment l'ordre des étapes peut-il biaiser les questions fermées dans une thèse ?
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Oui, ça arrive: l’ordre des phases peut influencer la formulation des questions fermées, car les entretiens peuvent orienter ce que les participants considèrent comme pertinent. Ce qu’on appelle un biais méthodologique peut naître d’un simple effet de contexte ou d’un cadre de questions qui se construit à partir de ce qui a été dit en entretien. Pour évaluer, on peut relire les transcriptions et vérifier si les items fermés reprennent vraiment des catégories émergentes, et on peut tester une version alternative du questionnaire sans les éléments qui semblent dépendre des entretiens.
Je te lis et je me sens un peu mal pour toi; relire des notes et craindre d’avoir orienté les réponses donne le vertige. Le biais n’est pas une faute personnelle, c’est une tremblement de terrain dans le processus: ce qui t’es venu durant l’entretien peut influencer ce que tu demandes ensuite, et ça peut se lire dans les réponses fermées. Ce sentiment d’anticipation est humain et il faut le nommer sans s’en vouloir.
Mais pourquoi parler de biais méthodologique quand le vrai enjeu est peut‑être la profondeur des catégories? C’est une étape délicate: on passe de l’exploration qualitative à la mesure quantitative et c’est tout un art de déployer des items qui restent fidèles à ce qui a été entendu sans réduire des nuances. Le doute est légitime et peu réconfortant.
Et si le problème n’était pas le biais mais la façon dont on conceptualise le lien entre entretiens et questionnaire, peut‑être que l’ordre des phases ne biaise pas les questions mais révèle des lacunes dans la grille elle‑même, ou montre que les catégories ne couvrent pas ce que les répondants pensent réellement.
Parfois ça ne veut rien dire; parfois oui, le biais existe; le questionnaire peut capter des choses inattendues qui n’étaient pas dans les entretiens.
En lisant d’autres thèses, j’ai noté que les lecteurs aiment que l’auteur parle des limites méthodologiques sans faire de leçon de morale; le mot clé principal est bien biais, mais c’est loin d’expliquer tout, et on peut garder des zones d’ombre et des doutes; on peut aussi parler des attentes des lecteurs et des habitudes liées au genre dans l’écriture.
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