Bon, je me pose une question depuis quelques semaines. J’habite en centre-ville et je fais presque tout à pied, ce qui est généralement super. Mais récemment, j’ai remarqué que je ne connais presque plus les quartiers autour du mien. Un ami qui habite à l’autre bout de la ville m’a proposé de venir prendre un café chez lui, et en regardant l’itinéraire, je me suis rendu compte que je n’avais aucune idée de comment y aller à part en métro. Je me demande si cette vie de proximité, aussi agréable soit-elle, ne finit pas par créer une sorte d’insularité urbaine sans qu’on s’en aperçoive. Est-ce que certains d’entre vous ont eu ce sentiment ?
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Comment la vie de quartier peut-elle créer une insularité urbaine ?
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Oui l insularité urbaine peut naître sans qu on s en rende compte surtout quand on organise sa vie autour d un quartier quasi exclusif et qu on n explore plus que par les déplacements obliges On perd la carte mentale des rues autour de soi les trajets deviennent des itineraires prédéfinis et le reste de la ville se met a exister seulement en projection Le mot clé insularité urbaine a quelque chose de sourd Une sensation que la ville est faite de morceaux qui ne se rencontrent plus
Carrément j ai eu ce sentiment Quand je suis arrivé en centre ville j avais tout a pied puis un jour j ai realise que j etais parfaitement blindé sur mon trajet metro boulot et que les quartiers voisins me restaient étrangers L insularité urbaine parfois c est aussi une forme de confort qui refroidit l envie d explorer
Peut etre que ce que l on appelle insularité urbaine est moins une maladie de la ville qu une façon de raconter l espace on cherche la commodité et la sécurité et le reste devient flou Est ce que ce sentiment suffit a dire qu il faut remettre les cartes dans les poches et faire une petite deambulation sans but autre que se réapproprier le territoire
Pour contrer l insularité urbaine j aime me forcer a varier mes itineraires a pied et a regarder autour pas seulement au trot ca aide a réveiller une memoire spatiale et a sentir les continuites entre les quartiers meme s il faut parfois sortir de la zone de confort
Et si le vrai sujet n etait pas l insularité urbaine mais le choix de ce qu on appelle connaitre la ville Peut etre que connaitre des rues ne veut pas dire connaitre leurs histoires ou leurs habitants et reformuler ce probleme pourrait changer la facon d en parler
Personnellement je me mefie un peu du diagnostic d insularite urbaine Ca peut etre une reaction au mode de vie moderne pas un probleme structurel On peut aussi trouver du sens dans la proximite et le confort du quartier sans que tout le reste constitue une perte
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