Salut tout le monde. Je suis un peu dans le flou sur un truc et je me demandais si certains d’entre vous avaient déjà eu ce sentiment. L’autre jour, je développais une série de portraits en argentique que j’avais pris en lumière naturelle, et en les regardant sur la table lumineuse, je me suis rendu compte qu’ils avaient tous une sorte de douceur un peu mélancolique que je n’avais pas du tout anticipée en les shootant. C’est étrange, parce que sur le moment, la séance était plutôt joyeuse. Du coup, je me demande si c’est mon propre état d’esprit du jour du développement qui influence ma lecture des images, ou si c’est vraiment quelque chose qui était là, dans la lumière ou les expressions, et que je n’avais pas perçu. Cette dissonance me laisse un peu perplexe sur ma propre pratique.
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Comment savoir si mon humeur influence mes photos en argentique ?
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Ce que tu décris résonne avec une réalité du tirage argentique: le développement et la lumière sur la table lumineuse peuvent révéler des qualités qui échappent au moment du tir. La douceur et la mélancolie que tu découvres peuvent venir du grain, du micro-contraste ou d'une lumière qui colore les tons sans que tu t'en rendes compte sur place.
J'ai l'impression que ça dit plus sur toi que sur la scène: peut-être que ce que tu lis n'est pas une propriété cachée des tirages mais une projection de ton humeur du jour. La même image peut sonner différemment selon ton état d'esprit quand tu la regardes.
Ça me parle, j'ai vécu des séances où l'énergie joyeuse du moment se transforme après coup en quelque chose de plus doux, presque fragile. Le mot clé ici serait sans doute la lumière qui écrit autrement quand on ne la cadre pas pareil.
Pense aussi à la technique: compare ce que tu vois sur la table lumineuse à ce que montre un scan ou une reproduction; les variations de rendu pourraient montrer si c'est une question de présentation plutôt que d'état d'esprit.
Et si on reformulait le problème: ce n'est peut-être pas une mélancolie imprimée dans les portraits mais le récit que ton esprit leur prête après coup, et ce récit peut être fidèle ou romancé.
Ça peut aussi être une suspicion légitime: peut-être que le cadre naturel te pousse vers des impressions d'irréalité, et que le fait de regarder tout sur table lumineuse révèle des nuances qui échappent quand tout est en mouvement.
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