Salut tout le monde. Je me pose une question un peu bête peut-être, mais je travaille depuis quelques mois sur une série de peintures autour du thème des jardins abandonnés, et je me retrouve bloqué sur un point. J’ai toujours eu l’habitude de tout peindre d’un seul tenant, mais là, pour une toile en particulier, j’ai commencé à construire mon portfolio en photographiant des étapes intermédiaires, et je me surprends à préférer parfois l’énergie du brouillon aux finitions trop lisses. Du coup, je ne sais plus trop si je dois pousser cette pièce jusqu’au bout comme prévu, ou si je devrais la laisser en l’état, plus brute. Certains d’entre vous ont-ils déjà eu ce sentiment étrange en cours de route ?
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Pourquoi préférer le brouillon à la finition dans des jardins abandonnés ?
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Ça résonne fort. Le brouillon a une énergie qui ne se laisse pas apprivoiser. Quand je regarde ton jardin abandonné en mode brouillon, j’entends les gestes qui restent en suspend et j’ai l’impression que cette pièce parle déjà d’elle plus que n’importe quelle finition.
Le brouillon est une phase d’expérimentation: dans le cadre des jardins abandonnés, il révèle des tensions et des chemins qui ne se tiennent pas encore. Si ta préférence va au brouillon, peut-être que l’option est de l’assumer comme une étape finale, un espace d’erreurs travaillées et non une faute.
Franchement, qui décide que tout doit finir propre et lisible? Le brouillon peut rester tel quel; le public peut projeter son idée sur ce que l’on ne ferme pas complètement, et c’est là que le brouillon garde sa vibe et sa liberté.
Le brouillon me parle, mais j’ai l’impression d’être en train de le suivre au pas de course, et puis… je cesse. Finir ou pas? peut-être juste le laisser vivre un peu plus longtemps.
Et si le vrai sujet n’était pas: finir ou laisser en l’état, mais: le brouillon peut-il être le cœur même du tableau, l’espace où le spectateur participe à combler? Dans ce cas, le jardin abandonné devient moins un arrêt et plus une invitation à lire le brouillon comme partie du récit.
J’ai parfois l’impression que l’attente du lecteur, ou du spectateur, c’est d’avoir une pièce qui se referme proprement; mais dans l’univers des jardins abandonnés, le brouillon peut être une règle du jeu: ce qui n’est pas fini peut toucher juste là où ça compte, sans viser la perfection.
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