Salut tout le monde. Je me demandais si certains d’entre vous avaient déjà vécu ça : je travaille sur une série de peintures autour du thème de la mémoire, et je bloque complètement sur une toile. J’ai l’impression que tout ce que je pose dessus est trop littéral, trop propre, alors que je voudrais capturer cette sensation de flou et d’émotion brute. J’ai essayé de changer de médium, de support, mais rien ne donne vraiment l’effet que je cherche intérieurement. C’est un peu frustrant, comme si la main ne suivait plus l’intention. Vous arrive-t-il de buter ainsi sur un projet, et comment vous sortez de cette impasse pour retrouver une forme d’inspiration artistique ?
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Pourquoi sortir d'une impasse créative sur une toile qui explore la mémoire?
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oui cela arrive souvent sur une série qui tourne autour de mémoire et d'émotion, on a l'impression que tout ce qu'on pose est trop littéral et propre. pour sortir de l'impasse je lâche prise sur l'idée exacte et je laisse des gestes rapides ou hésitants travailler, comme si le tableau se fabriquait au fil des traces plutôt que par une idée claire.
un pas peut être de rapprocher le problème de mémoire en parlant moins d'objet et plus de rythme. peut être que ce qui manque c'est l'aura et non le vrai contour. tester des couches translucides et des gestes qui effacent et reconstruisent peut révéler ce que tu cherches sans s'attacher au résultat immédiat.
et si le cadre mémoire est le problème et non la technique peut être qu il faut reformuler ce que tu cherches en disant que tu veux une impression et non une mémoire claire est ce que tu es prêt à tester une autre logique ?
je pense souvent que les blocages viennent d'un surplus d'instruction et d'une exigence de clarté, alors je range le sujet et je lis des essais sur l'impressionnisme ou je regarde des films qui brouillent la mémoire et je laisse la perception guider le geste plutôt que l'idée.
tu pourrais aussi changer de support sans changer de sujet et laisser l'outil faire le travail en dehors d'un plan précis et revenir plus tard, le mot mémoire reviendra sous une forme plus intime.
peut être le vrai probleme est de reformuler le sujet et de ne pas y croire comme une mémoire figée mais comme une mémoire en devenir qui se transforme selon le tactile et le temps.
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