Bon, je me pose une question depuis quelques semaines. Sur mon trajet quotidien, il y a un carrefour où la voie de gauche est censée aller tout droit ou tourner à gauche, mais absolument tout le monde l’utilise pour aller tout droit, au point que la file de droite pour aller tout droit est toujours vide. Du coup, je me retrouve toujours à hésiter : est-ce que je fais comme tout le monde et je reste à gauche, quitte à contribuer au problème, ou est-ce que je prends la voie déserte de droite en me sentant presque en tort ? Ça m’interroge sur la façon dont les habitudes collectives finissent par redéfinir l’usage d’une infrastructure routière.
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Quoi faire quand tout le monde va à gauche au carrefour ?
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Ce dilemme montre que ce n est pas une simple règle de circulation mais un phénomène d habitudes collectives qui s installe dans l espace public. Si la voie de gauche est censée aller tout droit ou tourner à gauche mais que tout le monde va tout droit, le flux réel s adapte aux pratiques du moment et la règle officielle devient un décor.
Franchement ça m agace aussi. Voir tout le monde prendre la voie de droite me donne l impression que la rue parle un langage social et que je devrais décider comme les autres même si ce n est pas ce qui est écrit.
Peut etre que le vrai sujet est la conception de l intersection plus que ta décision personnelle. Si l infrastructure pousse le flux vers le droit tout droit c est un indice que l ordre est fragile et que la signalisation ne parle pas au vrai comportement.
Et si on reformulait le problème ce n est peut etre pas ta hésitation mais la façon dont l infrastructure invite à remettre en cause les règles en vigueur et les habitudes collectives qui les entourent.
C est aussi un signe que j hésite et que je lis la rue comme un texte collectif.
Dans une perspective plus large les habitudes collectives redefinissent les espaces urbains et les limites de ce qui est acceptable sans qu on ait besoin de le dire.
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